Enfants et famille Village et activités Travail de terrain

ÉDUCATION
SACRIFIÉE

SURVIE
IMPOSÉE

Dilemme des enfants de l'Est-Cameroun

Le Cameroun, bientôt 30 millions d'habitants (2025), affronte une succession de crises humanitaires majeures. L'Est est la scène privilégiée de la crise de déplacement la plus négligée au monde (NRC 03, JUIN 2025), un drame qui entraîne :

829

Une flambée de conflits communautaires (829 enregistrés entre 2023 et 2025).

L'effondrement des services de base.

Le recours massif aux mines d'or et aux activités économiques informelles.

Dans les villages reculés de l'Est-Cameroun, l'espoir n'est pas une simple émotion, mais une force vitale qui anime le quotidien. C'est cette étincelle qui pousse un enfant à parcourir trente-six kilomètres chaque matin pour rejoindre son école, qui fait qu'une mère qui n'a pas eu la chance d'aller à l'école se prive de nourriture pour acheter un cahier, et qui permet à une communauté entière de croire en des jours meilleurs malgré l'adversité. Cet espoir résiste et persiste, transformant ainsi l'énergie du désespoir en combustible pour le changement.

LA CARTE DE
L'URGENCE

Chaque territoire, un défi, une histoire

L'Est-Cameroun est une terre de contrastes profonds où chaque paysage raconte une histoire différente.

Carte du Cameroun
B

BERTOUA

Zone urbanisée

La misère financière force le calcul. Les frais de scolarité d'un seul enfant suffiraient à augmenter les portions de repas. Le cœur est serré, mais les ventres vides parlent plus fort.

BATOURI

Zone minière

Le sol riche en or nourrit autant les espoirs qu'il creuse des tombes précoces. Les enfants, attirés par la promesse de gains rapides, abandonnent l'école pour rejoindre les mines. Les initiatives ne sont pas absente, avec la SONAMINE et les responsables locaux, nous pouvons saluer l'impact des programmes en cours, tels que « Zéro enfant dans les mines les temps de classe » dont le but est de maintenir les enfants à l'école et de prévenir leur exploitation dans les mines ;

Mine d'or à Batouri
G

GAROUA-BOULAÏ

Zone frontalière

Il est douloureux de constater que l'accès à l'éducation est en grande partie entravé par des réalités économiques dévastatrices. Les difficultés d'accès à l'eau potable, l'électricité, les latrines adéquates ou des commodités quant à elles ont un impact direct sur l'hygiène des jeunes et des jeunes filles en particulier entraînant inéluctablement un absentéisme scolaire pendant leurs périodes de menstruation.

A côté de ce point crucial, l'on note une quasi-absence de centre de santé. Pour les quelques-uns existants, ils se trouvent à des quinzaines de kilomètres des villages rendant ainsi difficile l'accès aux soins de santé et favorisant par la même occasion la survenue des handicaps qui auraient pu être évités.

90% d'enfants n'ont pas d'actes de naissance dans les villages d'Illa, Mbonga 1 et 2, Damdon, Tiala et Mboussa. Ils respirent, se déplacent, vivent, mais juridiquement, ils n'ont pas d'identité ; aux yeux de l'État Camerounais, ils n'existent pas.

🌳

FORÊTS D'ATOK

À Souombou

L'accès physique et administratif est un calvaire. Il faut parcourir plus de Trente kilomètres à pied pour rejoindre le CES d'Atok. De plus, près de 20% d'enfants n'ont pas d'actes de naissance, qui loin d'être une simple formalité administrative, représentent un véritable passeport pour accéder à des opportunités éducatives plus avancées, ouvrant ainsi la voie à des études supérieures.

Chaque village porte en lui sa propre tragédie et sa propre lumière, tissant une mosaïque humaine où la détresse et la dignité se rencontrent.

Terrain

AU-DELÀ DES
CHIFFRES

Des signaux de détresse

68%

Taux global de scolarisation

45%

Abandonnent avant la fin du primaire

80%

Sans actes de naissance

Il y a des visages, des voix et des histoires de vie qui illustrent la tragédie de cette crise éducative

Fadimatou, 17 ans

"Je rêve de devenir médecin, mais face à la précarité dans laquelle vit ma famille, moi comme une grande partie des enfants de mon quartier, je devrais sûrement renoncer à mon rêve pour des ambitions plus réalistes"

André, 16 ans, travaillant dans les mines

"À l'école, on me promettait un avenir, mais ici je vois l'argent tout de suite."

Tekan, creuseur d'or

"Une fois qu'ils (les enfants) ont 'senti le goût de l'argent' aussi jeune, l'école devient à leurs yeux superflue."

Elisabeth, 20 ans en primaire

"L'école ne semble mener nulle part."

Un enfant de la mine

"Qu'est-ce que l'école va m'apporter de plus que la mine ? Grâce à la mine, je survis."

Une grand-mère handicapée

"Nous vivons de l'agriculture, je m'occupe toute seule de ces 9 enfants car ils sont orphelins. N'ayant pas d'argent je ne peux pas supporter leurs charges scolaires."

L'éducation devient un luxe, sacrifié sur l'autel de la survie quotidienne.

UN AUTRE AVENIR
EST POSSIBLE

Le Pari sur l'Instruction

L'espoir n'est pas éteint. Un autre avenir est possible, et la preuve vivante réside dans ces actes de résilience et de foi :

95

95% des enfants Baka sont scolarisés malgré un isolement extrême.

Des parents analphabètes et handicapés voient en l'école l'ultime recours pour que leurs enfants connaissent un sort différent.

Des communautés entières continuent d'investir dans l'instruction, même quand le quotidien exige de survivre.

RAISE-UP CAMEROON sur le terrain

Ces paris collectifs sur l'avenir, dans un présent si précaire, sont les germes d'un Cameroun où le lieu de naissance ne déterminerait plus le destin. A travers le projet 1 Cameroun, 10 régions : HOPE - Edition soleil levant de l'association RAISE-UP CAMEROON, dans une action concertée, citoyens, organisations de la société civile, décideurs internationaux protecteur des droits de l'homme, Organisations non gouvernementales spécialisées dans l'éducation, autorités locales, Il est de notre devoir de soutenir ces efforts car ensemble nous pouvons faire en sorte que chaque lever de soleil soit aussi une promesse d'avenir pour ces enfants.

Rédaction

  1. 1. NTANG NDJO Tatiana Flora [Responsable du Comité de Recherche (C. Rech)]
  2. 2. OYONO BELLA Cyrielle
  3. 3. ENDOM ENDOM Bronzi
  4. 4. NGUIARO NAKAYA Danielle Belva
  5. 5. NGUIMBOUS Nicolas
  6. 6. Paho Djop Michael Frank
  7. 7. MBELESSA MARIE ANGE
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Relecture

  1. 1. PEKA Danièle Leticia
  2. 2. NGA Lucie Grâce
  3. 3. Brenda MOKAM
  4. 4. Manuella KENGNE
  5. 5. Batoum Anne-Marie Chantal

Édition : Jordan NGANGMO (Responsable du comité de Digitalisation)

RAISE-UP CAMEROON ( C.Rech || RUC )

"Apporte ton fruit au développement de ton pays"